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Sommes-nous à l’aube d’une dénumérisation ?



Dans les derniers mois, la plupart des GAFAM ont tous annoncé d’énormes coupes de poste dans leur organisation respective. Lorsque l’on ajoute à cela des perspectives économiques sombres pour l’année en cours et une certaine fatigue des réseaux sociaux chez une tranche de la population, nous obtenons une conjoncture qui nous amène à nous poser la question à savoir : sommes-nous à l’aube d’une dénumérisation ?


D’entrée de jeu, je ne pense pas que le numérique va disparaître comme par magie. Néanmoins, plusieurs nouvelles et phénomènes sont observables actuellement et m’amènent à penser que la prochaine décennie verra probablement une sorte de décroissance ou métamorphose du rapport que l’on a avec le numérique.

Pourquoi la prochaine décennie verrait-elle une dénumérisation de la société ? Ma réflexion repose sur trois constats.




Premier constat : Je pense qu’il sera de plus en plus difficile de construire et vendre des objets complexes.


On le sent depuis la pandémie, acheter des voitures, des vélos, parfois même des téléphones s’avère compliqué. La fragilité des chaînes d’approvisionnement semble être la principale raison de cette situation. Mais il y a aussi, un bras de fer à propos des semi-conducteurs et donc moins de puces sur le marché.


Mais comment cette situation va-t-elle progresser dans le futur ?

Peut-on réellement espérer un retour à la normale ? Honnêtement, j’en doute.


Je prends le pari que dans les prochaines années la Chine voudra agrandir son influence en Asie et qu’elle voudra avoir la main mise sur les ressources provenant de Taïwan. Il nous faudra donc une solution de rechange adaptée comme l’Amérique du Sud par exemple. Cette option semble déjà faire l’objet de discussion. En effet, un plan de transition est en cours de conception comme on a pu le voir lors de la dernière réunion de l’ACEUM à Mexico où Biden, Trudeau et Obrador se sont mis d’accord sur la création d’un forum trilatéral sur les semi-conducteurs. Ce forum a pour objectif de mieux aligner les investissements dans ce domaine sur l’ensemble du continent.


Toutefois, comme tout projet de transformation, des turbulences sont à prévoir et bien sûr, cela va prendre du temps. Enfin, je pense que cela aura un impact à la baisse sur la production de produits numérique et/ou sur sa disponibilité (téléphone, nouvelle génération, voiture autonome, etc.).




Deuxième constat : Dans un contexte de taux d’intérêt et d’inflation élevée, l’essor du numérique ne fait pas sens.


Le scénario ici est assez simple et à l’image d’un château de cartes, tout peut s’effondrer rapidement. Admettons que dans les prochaines années le niveau d’inflation et le taux directeur restent sommairement élevés (autour de 4 %). Cela signifierait que les gens vulnérables auraient de plus en plus de difficulté à boucler les fins de mois et que notre consommation de certains biens et service en souffrirait. On peut donc se poser la question à savoir si l’achat entre autres de téléphones ou d’objets connectés (casque de réalité mixte) ferait partie des priorités des gens.


Aussi, si l’on ajoute mon premier constat à l’équation, cela voudrait dire que ces produits n’auraient pas nécessairement une grande valeur ajoutée comparée à ce qui s’est fait dans le passé. Cette situation est déjà observable alors qu’Apple a lancé à l’automne une version de l’iPhone avec la même génération de puce que l’année précédente. Cette situation serait comme une boucle infernale.


En sommes, un taux d’intérêt et une inflation élevée appliqueraient une pression sur les entreprises qui mettraient à pied des gens, cela causerait une récession, un chômage élevé et un budget techno à la baisse chez les consommateurs. Les entreprises, elles, auraient moins accès à des subventions, certaines feraient faillite et d’autres décideraient de réévaluer leurs projets de recherche et développement de logiciels. À la fin, le résultat est qu’il y aurait une dénumérisation.



Troisième constat : La progression d’une vision verte bousculera l’ordre établi


Dans les prochaines années, je fais le pari que nous multiplieront les réflexions et les actions pour que notre société devienne plus verte. Vous allez me dire qu’il n’y a pas de grande révélation dans ce propos et je vous dirais que vous avez probablement raison.


Néanmoins, la question à savoir comment cela va s’implémenter reste entière. Un des concepts que j’aime bien est celui de la régionalisation de l’économie et du monde en général. Selon ce concept, dans un avenir proche, nous favoriserons la conception de biens et services à circuits courts. Notre environnement sera à portée de main, etc. Bref, on favoriserait la conception locale plutôt que mondiale dans un objectif de favoriser justement la transition environnementale.


Mais ces tendances de transformations ont déjà lieu en ce moment même alors que tout se fragmente autour de nous. Ainsi, je parie que cette mouvance et cette logique de proximité s’accéléreront dans un avenir proche et que les grosses structures du numérique vont laisser place à de plus petits joueurs plus alignés avec les utilisateurs de demain.


Par exemple, Google fait face à une poursuite pour monopole aux États-Unis. Il est opportun de se demander où cela va nous amener et c’est sans compter sur l’intelligence artificielle qui semble pour certaines personnes être une menace directe à cette grosse structure. Il est également d’intérêt de se demander si à l’heure actuelle les projets de métavers vont réellement se matérialiser.


Le lien entre la vision verte et la dénumérisation ici est plus subtil. Pour moi, elle est idéologique et générationnelle. Elle fera partie de l’air du temps. Le fait que les jeunes soient plus sensibles à la question environnementale va venir teinter la façon dont nous créerons ou pas les plateformes numériques de l’avenir.


Ainsi, je pense que l’élaboration de structures plus petites sera centrale et liée à cette quête de vivre dans une collectivité où tout est plus vert et à proximité. Et cela est sans compter sur les possibles conséquences marquantes qu'ont eues sur eux les événements tels que la pandémie, l’école à la maison, l’isolement social et l’aspect déshumanisé de ce système mis en place depuis deux ans.


En conclusion


Pour conclure, il est évident que ces constats sont limités et ne reposent sur aucune recherche exhaustive. Il ne faut voir là-dedans que mes observations de l’actualité quotidienne. De plus, le tout tient pour acquis que les prochaines années seront difficiles sur le plan économique. Qu’arriverait-il si au contraire l’économie continuait à croître ? Qui vivra verra.


Dans tous les cas, je joue avec les concepts. Ce texte est sans prétention et doit être interprété seulement comme une base de discussion. Bref, j’aurais pu développer encore plein d’arguments sur le sujet ou faire des vidéos. J’ai choisi le format texte et je me suis promis de faire ça en moins de 1000 mots. C’est raté.


Et vous, qu’en pensez-vous ? Sommes-nous à l’aube d’une dénumérisation ?


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